Carnet de route
2026 Avril - Voyage à Madère
Le 06/04/2026 par Virginie L.
Voyage à Madère du 6 au 17 avril 2026
Madeira en Portugais signifie le bois.
Magnifique île volcanique, au milieu de l’océan Atlantique, au climat doux et tempéré toute l’année. Le relief montagneux crée de fortes disparités météorologiques : la façade Nord de l’île reçoit beaucoup plus de pluie (et de brume) que la façade Sud, la végétation est par conséquent très différente entre le Nord et le Sud.
Le point culminant de l’île est le Pico Ruivo à 1862m, et si on calcule, l’altitude moyenne de l’île est à 1100m ! C’est le paradis de la randonnée pour un bon marcheur, un cauchemar pour les autres : rien n’est plat à Madère… hormis l’aéroport et le stade de foot, où a grandi le célèbre joueur Cristiano Ronaldo !
Après un atterrissage sans encombre vers minuit, puis une courte nuit à l’hôtel, dans le centre de Funchal, nous faisons connaissance avec Benny, notre guide local. Nous sommes 11 CAFistes.
Il nous emmène marcher le long de la Levada dos Tornos, sur les hauteurs de Funchal. Au fil des siècles, les Portugais ont construit jusqu’à 7 000 kms de levadas sur l’île. Ce sont des canalisations en pierre sèche, parfois en terre, ou consolidées avec du ciment, qui permettent d’amener l’eau depuis un torrent jusqu’aux terres cultivées en terrasses.
Les levaderos sont les personnes chargées d’entretenir ces canaux, certaines levadas sont à l’abandon.
Cette première rando nous fait passer sous des « arbres mimosas » en fleurs (jaunes pâles), des eucalyptus odorants, du gingembre à fleurs rouges, des fougères arborescentes, fuchsias, géranium de Madère à fleurs violettes, capucines, cannas rouges, oiseaux de paradis ou strelitzia : la fleur emblématique de Madère, anthurium, aloès verra à fleurs rouges… Benny nous décrit tout cela avec passion!
Belle vue sur la baie de Funchal, c’est l’endroit idéal pour admirer les feux d’artifice qui sont tirés chaque samedi de juin à Funchal au-dessus de l’océan!
Après le pique-nique, nous empruntons un chemin pavé « royal » jusqu’à l’arrivée des 2 téléphériques de Funchal, l’un relie le bas de la ville avec le haut, et la commune de Monté. L’autre permet de descendre au jardin botanique. Nous assistons aux traditionnelles descentes en luge d’osiers des rues pentues de Monté, les touristes payent chers pour s’installer dans ces luges, qui sont guidées par 2 hommes habillés en tenue traditionnelle blanche de Madère. La prise des virages au milieu des voitures stationnées est assez spectaculaire…
Visite de l’Eglise Notre Dame de Monté, qui surplombe Funchal, richement décorée notamment d’azulejos. Les Portugais sont catholiques à 80 % et très pratiquants.
Le 2e jour, nous randonnons sur la presqu’île de Sao Lourenço, à l’extrémité Est de l’île. 8km avec 300m D+, chemin rendu difficile par les rafales de vent soudaines qui nous déstabilisent et aussi par la sur fréquentation touristique. Impressionnantes falaises avec cheminées volcaniques solidifiées.
Peu de végétation sur cette presqu’île, hormis de l’herbe et la vipérine de Madère à fleurs bleues.
Ce jour-là, on assiste à un étrange balai aérien : des tentatives d’approche de l’aéroport de Funchal par des avions, tous contraints de faire demi-tour en raison des vents violents et de retourner soit à Lisbonne ou Porto, soit aux Canaries, à 1h45 de vol…
Les pilotes doivent avoir une qualification spéciale pour pouvoir se poser à Funchal (aéroport considéré parmi les 10 plus dangereux au monde). A savoir avant de prendre votre billet !
J3 : au petit-déj à Santa Cruz, il pleut comme vache qui pisse! Heureusement, Benny a un plan B, il nous emmène visiter une distillerie de Rhum à partir de la canne à sucre, à Porto Da Cruz, avec dégustation! Nous voilà réchauffés, prêts pour repartir en zigzagant sur les chemins, d’abord sur la plage de rochers noirs le long de l’océan qui est déchainé, puis lente ascension grâce à des marches, d’environ 400m de D+, on picore quelques nèfles jaunes bien mures au passage, puis chemin taillé en corniche dans le rocher, jusqu’à Boca do Risco, avec vue spectaculaire sur l’océan et les falaises du Nord, puis retour à la civilisation à Machico, jusqu’à la plage (praia en Portugais) où la météo est redevenue plus clémente.
C’est la seule plage de sable jaune de l’île, ce sable a été prélevé au Sahara et ramené par les hommes... La grand-mère de Benny, (qui a beaucoup de bon sens) préfère les plages de galets noirs de son île natale, car ça salit moins les pieds!
Après ces 15km, une halte s’impose au Chupa bar pour goûter la célèbre Poncha, préparée en direct avec du jus d’orange frais et de citron, du rhum pour moitié, et du miel. Bien mélanger pour obtenir cette boisson emblématique de Madère, souvent accompagnée de graines de lupin à grignoter.
Sur cette rando : bananiers, néfliers, avocatiers, manguiers, papayers, goyave-fraises, cannes à sucre, culture d’igname, vignes, fruits délicieux issus du philodendron, fleurs rouges tire-bouchon, cerises du Brésil ou pitanga … On se régale des yeux et des papilles !
A propos, savez-vous comment dire persil en Portugais ? c’est la salsa… et oui, comme la danse qui pimente la vie.
Le soir, dîner copieux chez « Bon Jésus » avec pain à l’ail, potage chou et chorizo, sabre noir avec fruit de la passion ou à la banane rôtie, cheesecake au fruit de la passion… Après tout ça, nous pensions bien dormir, mais c’était sans compter sur la proximité avec l’aéroport… Il y a eu des décollages toutes les 10 min jusqu’à 2h du matin, retard à rattraper oblige !
J4 : Montée au Pico do Arieiro, à 1810m, avec une météo défavorable (averses, froid 5°C, vent, brouillard…) 10km avec 1300m D+
L’itinéraire aérien pour rejoindre Pico Ruivo est fermé (stairway to heaven not possible!)
Retour avec Jorge, chauffeur du taxi, qui s’entraine pour un prochain rallye… il prend un raccourci, pour rentrer à Santa Cruz en 20 min top chrono, record à battre, on a l’impression que l’on va s’envoler… les freins souffrent, une odeur de brûlé envahit l’habitacle mais Jorge ne ralentit pas pour autant ! A Madère, les routes sont souvent très pentues, avec des pentes jusqu’à 32% !-O
J5 : départ de St Roch (Sao roque) do faial, levada do Castelejo au-dessus de Porto Da Cruz
Traversée d’une rivière à gué, retour à terra do baptista, puis ascension du rocher de l’aigle : Penha d’Aguia.
Pendant que l’on pique-nique, la voiture du poissonnier traverse le village pour livrer les habitants en poissons frais, dont l’ « espada ». Il s’agit du sabre noir, espèce endémique de Madère, qui vit dans les profondeurs de l’océan, entre 400 et 1500m.
16km 660mD+ Nuit à Arco de St Jorge
J6 : Départ à pied de Arco de St Jorge, montée à Beira de Quinta, où l’on goute le fruit délicieux. Nous marchons dans la forêt primitive, composé de lauriers. Cette forêt est classée à l’Unesco. Ils fabriquent de l’huile à partir des baies de lauriers. Parmi les espèces remarquables, Benny nous montre l’arbre à muguet. 17km 800mD+
J7 : Rando au départ de Achadas Da Cruz (téléphérique) descente au bord de mer par un joli sentier qui surplombe l’océan, puis nous remontons la falaise, sentier en balcon, qui nous permet de rejoindre Porto Moniz, situé sur la Côte Nord. 10km 520m D+
Porto Moniz est célèbre pour ses piscines naturelles d’eau salée, formées par d’anciennes coulées de lave.
J8 : Levada Do Rabaçal, situé à Calheta sur un plateau à l’ouest : joli parcours sous les bruyères arborescentes : Cuidado la cabeza !! (attention la tête !) Nous rejoignons la levada des 25 fontaines, et ses merveilleuses cascades. Retour par un long tunnel dans lequel coule la levada PR6.6
16km 300mD+ Nuit bien méritée à Jardim Da Mar, joli village du bord de mer sur la côte Ouest, gîte chez Cécilia, qui est très accueillante.
J9 : départ de Prazéres, ferme pédagogique où nous goûtons un cidre chaud à la cannelle, nous longeons une levada, puis longue descente jusqu’à Paul Da Mar, parmi les agaves d’Amérique, dont les tiges peuvent atteindre 10m. Dîner chez Joey’s bar à Jardim Da Mar, avec dessert typique : la tarte de natas.
14km 650mD-
J10 : Dernière rando au départ d’un plateau où sont situées une dizaine d’éoliennes, douche froide sous la cascade do Lombo Do Mouro… sur le PR17, rocher Pinaculo, descente de marches en rondins de bois, (les genoux souffrent !)
Puis au retour nous traversons 2 tunnels à la frontale : le premier est long 2kms… le second 800m.
20km 270mD+ 650mD-
Courte nuit à l’hôtel à Encumeada avant de reprendre l’avion à 6h du matin. Nous repartons tous avec des images plein les yeux, des souvenirs, des bons moments partagés avec ce groupe de randonneurs. Nous remercions vivement Benny, pour sa bonne humeur, sa compétence et sa bienveillance.
Merci à Marie-Christine pour l’organisation de ce séjour.








