Carnet de route

Le 30/03/2020 par Christine Micoulet

Kilimandjaro !

(voyage en Tanzanie du 19 janvier au février 2020)

Ça fait rêver, ça fait frémir, ça fait penser à la chanson de Pascal Danel "Où tu iras dormir".

Voilà 10 cafistes, Vincent notre guide bien connu à Annonay et Françoise une Toulousaine que nous avons retrouvée lors de notre première escale à Paris, bien décidés à ne pas dormir, ne pas frémir, ne plus rêver, mais à marcher jusqu'au bout pour arriver tout en haut de cette grande dame : 5895 mètres !!

Notre aventure commence après avoir passé de longues heures dans l 'avion. Nous atterrissons à Nairobi puis traversons Arusha sans encombre. Nous nous engageons dans la dernière rue avant d 'arriver à l'hôtel. Poussière et grosses ornières ... espérons que l'hôtel ne soit pas à l'image de cette piste ! mais non l'hôtel a bien ses 3 étoiles, piscine, fleurs multicolores, lits moelleux. Nous y reviendrons 2 fois avec grand plaisir.

Le lendemain nous roulons dans une campagne verdoyante, champs de carottes, pommes de terre, petits pois, caféiers, pour rejoindre le départ du trek par la voie Lemosho et nord. Itinéraire le plus sauvage et le moins fréquenté. Nous rencontrons nos porteurs : 44!

Vincent n'avait pas négocié pour avoir autant de monde. Mais c'est sans appel. Leur accueil est chaleureux : karibu (bienvenue), jumbo (bonjour), mambo (ça va ?), poa poa (oui ça va), asanté (merci), karibu (de rien).

Ils nous chantent la chanson du Kili en langue swaili, quelques - uns d 'entre nous entrent dans la danse: la la la.... akuna matata (ne t'en fais pas, tout va bien ) la la la ...polé polé (doucement, doucement). Nous entendrons souvent cette sage devise.

Tout au long des 6 jours de marche d 'approche (polé polé) nous découvrons la forêt humide, moussue, quelques singes, puis les grandes bruyères, les surprenantes plantes grasses lobélies et enfin un espace infini, lunaire avant de passer une courte dernière nuit à 4720 mètres en face du majestueux Mawensi.

La pluie nous a souvent accompagnés, alors à minuit nous sommes bien contents de voir les étoiles.

Kili est une dame pudique qui ne se dévoile jamais tout à fait, elle peut n'enlever que le haut et nous éblouir de son sommet lumineux, ou alors elle met son bonnet, son écharpe de brume et ne laisse apparaître que ses larges hanches. Bref, nous ne l'avons jamais vue (ou presque) en entier ... nous sommes bientôt au sommet ... même si certains lui ont offert leur petit déjeuner, même si un autre a failli lui donner son cœur, et si la fatigue est pesante pour la plupart, nous arrivons tous tout en haut du toit de l’Afrique à 5895 mètres !! c 'est la joie! des photos, des "congratulations ".

Le soleil ne reste pas longtemps, nous non plus. Il faut redescendre... polé polé ...merci à notre guide Victor, aux aides guides, aux agiles porteurs aux petits soins pour nous, préparant nos tentes, nos cuvettes d 'eau chaude pour la toilette, transportant nos sacs sur leur tête dans les pentes glissantes, sans bâton, bien sûr, merci à notre cuisinier qui nous a fait un beau gâteau de félicitation et d 'autres bonnes choses.

Retour à Arusha pour une nuit récupératrice.

Une autre aventure nous attend: observer les animaux sauvages dans les parcs de Sérengeti et Ngorongoro. C'est le début de la grande migration, d'abord les zèbres puis les gnous, les gazelles, parfois tous ensemble. Ils se régalent d 'une herbe bien verte. Nous, on se régale de les voir si nombreux, si proches dans un somptueux paysage aux couleurs changeantes. Au fil de ces 4 journées, nous sommes subjugués par les girafes qui nous regardent passer, nous sommes enchantés de nous approcher très très près de lions et lionnes en pleine digestion, nous sommes devenus chasseurs en même temps que 3 guépards attendant patiemment le bon moment pour capturer des antilopes, nous avons roulé sur l'eau pour nous approcher des éléphants, les oiseaux nous charment de leurs couleurs vives, nous guettons les hippopotames sortant de l'eau, les singes ... les hyènes ... les buffles... les chacals ... les aigles ... etc.... etc... dans les 4x4 conduits par nos chauffeurs Peter et Bosco, des as du volant sur les pistes aux profondes crevasses et souvent détrempées.

Nous avons déjà passé 14 jours en Tanzanie, notre voyage continue chez les Massaïs.

Nos guides Macamero, Elias et Samuel vêtus de kilts et grandes écharpes à carreaux rouge et noir le plus souvent (héritage des colonisateurs écossais, en remplacement de leurs peaux tannées, il parait) nous emmènent de villages en villages. Nous sommes un peu inquiets de voir un couteau à leur ceinture, une lance dans la main, et surpris qu'ils emportent avec eux un parapluie et le téléphone portable. Nous pouvons rencontrer des animaux sauvages bien qu'étant en dehors du parc.

Rassurez - vous, ils n'ont pas eu besoin de s 'en servir.

Souvent des femmes avec parfois un enfant accroché dans le dos nous accaparent pour que nous achetions les bijoux et objets qu'elles fabriquent. Elles sont parées de boucles d'oreille, colliers, bracelets aux poignets, aux chevilles. Les hommes aussi portent des bijoux. Nous les croisons se rendant aux pâturages ou en revenant avec toutes leurs parures. Un chef de village emmène quelques - uns d 'entre nous visiter une case. Les habitants nous accueillent avec chants, danses et bijoux de fête. Un instituteur nous demande de venir dans sa classe. La veille de notre dernière randonnée nous partons voir le lac Natron. Moins de flamants roses que prévu mais c'est beau. Le soir à la lueur du feu de bois nos accompagnateurs chantent et nous font partager leurs cris impressionnants, leurs danses, leurs sauts.

Puis lever à minuit pour monter à l'assaut du Lengaï, le volcan sacré des Massaïs. Nous n'arrivons pas. Trop d 'humidité, terrain très glissant, nous abandonnons à 600 mètres du sommet non sans regret. La descente est belle sous le soleil.

Il est temps de dire au revoir à nos guides, à nos cuisiniers Hippo et Good Luck qui nous ont souvent régalés, pour rejoindre notre hôtel à Arusha.

Mais l 'Afrique ne veut pas encore nous lâcher. Nous devons attendre dans les 4x4 au soleil longtemps ... Les formalités sont impossibles à aboutir sans internet qui ne passe pas à la barrière du parc ... Nous profitons des « parlementations », allers / retours, sous l'arbre du village où passe internet, pour observer une dernière fois la vie de ce peuple si différent de nous. Et nous pouvons partir. Les girafes, les gazelles, les zèbres, la nature se font encore admirer tout le temps que nous gardons la piste.

Nous remercions chaleureusement nos chauffeurs, formidables champions de conduite sur piste!

Dernière petite nuit au Kenya avant de prendre le vol qui nous ramène à Lyon, et reprendre nos vies européennes. Nous garderons pendant longtemps les images magnifiques de ces 3 semaines hors de notre monde, loin de notre culture et de nos habitudes. Encore merci à tous les guides, porteurs, cuisiniers, personnels des hôtels de nous avoir accueillis dans leur pays. Malgré la pluie de la première semaine, la fatigue et les petits ennuis des uns et des autres, l'esprit du groupe est toujours resté bienveillant, alors merci à tous. Merci à Vincent pour sa curiosité, ses compétences et son optimisme. Et un grand Merci à Christian et Patricia pour nous avoir proposé ce merveilleux voyage.

 

Christine Micoulet







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