Carnet de route

crête

Le 30/03/2020 par Martine Chevalier

Un aperçu de la Crête

Nous sommes 20 randonneurs cafistes à avoir pris la voie des airs le lundi 23 septembre avec pour destination l’aéroport d’Héraclion en Crète. Sous la houlette de Christian Rouchier, nous avons rejoint en taxi l’hôtel où nous attendait la guide, Maria. 11 jours de randonnées et une demi-journée pour la visite de La Canée étaient au programme du séjour, au sud-ouest de l’île dans les Montagnes blanches.

Mais avant de pouvoir prendre l’avion, il faut avoir son passeport. Donc, ne pas l’égarer dans l’aérogare. Il faut aussi avoir un sac sans poudre. Même des traces infimes de magnésie peuvent vous retenir un bon quart d’heure au poste de contrôle. Et aussi un serrurier, même s’il est électricien, pour ouvrir les cadenas réticents.

Pour mieux appréhender un pays il n’est pas superflu d’en connaître ses origines et sa mythologie. Ainsi Maria nous a conseillé de visiter le musée archéologique de la capitale (restauration finie le 6 mai 2014, joyeux anniversaire !) qui n’a pas à pâlir devant le Louvre. En remontant le temps, nous avons vu que l’île était déjà peuplée il y a plus de 9000 ans. Les pièces exposées, fruit des fouilles des palais de Cnossos et autres, montrent que, des Minoens aux Romains, les artisans crétois avaient beaucoup de talent et d’adresse, de la sculpture d’une abeille de moins de 2 cm jusqu’aux méga-dolia (jarres en argile de 1200 litres pour garder les céréales ou des liquides).

Évacuons tout de suite la gastronomie crétoise. C’est vrai que l’huile d’olive, les légumes, les herbes aromatiques, les plantes et aussi le tsikoudia (raki) à la fin du dîner sont bien présents sur les tables. Mais la consommation de viande n’est pas faible comme on pourrait le croire en lisant les huit commandements du régime méditerranéen. Les mézé (douceurs), caviar d’aubergine, dolmades, anchois marinés, houmous, salade de tomate – poivron - oignon rouge – fromage – concombre - olives noires, divers légumes farcis, pommes de terre coupées en gros morceaux ou en tranches rissolées ou frites, ratatouille, omelettes aux légumes, moussaka, boreki, souvlaki, nous ont tellement bien nourris qu’un randonneur a fait remarquer que ce trek était le premier où il avait pris des kilos. Malheureusement pour lui, un virus l’a accablé le lendemain, gâchant sa dernière journée de voyage.

Au cours du séjour, nous avons retrouvé des dieux et des déesses de la mythologie : les noms des restaurants (Calypso, Dyonisos, Poséidon), les noms de lieu (le Trône de Zeus d’où on voit les deux mers de Crête et de Lybie), des espèces de plante (le dictame de la couronne d’Artémis).

Vus au bord des routes dans la traversée de l’île, des panneaux routiers singulièrement ajourés : des chasseurs s’exercent à viser ceux-ci à répétition et même utilisent du gros calibre qui perce des trous de 3 cm de diamètre.

Une autre particularité : les chapelles souvent isolées, au bord de la plage, perdues dans la colline ou bien encore sur le sommet, gardent leur corde à porter de main pour sonner la cloche. Certains n’ont pas pu se retenir de sonner l’appel. À l’intérieur, certaines ont gardé leurs peintures vieilles de 8 siècles, leurs icônes). L’origine du christianisme remonte à St Paul qui aurait débarqué à Avros Pavlos au 1er siècle et ensuite cette religion a gagné l’intérieur du territoire. Les édifices datent d’après 960 quand l’Empire byzantin récupère l’île aux Sarrasins.

Côté paysage, les montagnes calcaires (le sol crétois est calcaire à 97%) semblent plonger dans la mer bleu turquoise, juste séparées de l’eau par une plage de sable fin, comme à Paléochora ou à Sougia ou de petits galets, comme à Loutro. Beaucoup se sont baigné, ont nagé dans l’eau limpide et très bleue ! Même si les nudistes ont leur plage, c’est mieux de ne pas perdre son slip de bain. Mais il y a

aussi des cultures : il faut bien « caser » 50 millions d’oliviers, les serres où poussent les légumes, les pâturages souvent très maigres pour les chèvres et les moutons qui sont partout chez eux. L’animal couché au milieu de la route ne se relève pas au passage de tout véhicule.

La méga- flore est composée d’arbres et d’arbustes qu’il faut souvent protéger des ovins et des caprins. Le caroubier est typique de cette île, il produit des gousses. Celles-ci fournissent une farine sans gluten. Les mûriers semblent bien pousser. Les lauriers roses ou blancs toxiques agrémentent les bords de routes avec les pins d’Alep. Un site classé Natura 2000 près d’Elafonissi protège les genévriers cades, des arbres à croissance lente, à grande longévité et au tronc fibreux.

Sur la côte sud arrivent plusieurs gorges où coulent à la fin de l’hiver et au printemps des « oueds », nom qu’utilisait l’occupant arabe (du 9ème au 12ème siècle). Nous avons remonté les gorges de Samaria, longues de 18 km et de 1100 m de dénivelée et hyper-fréquentées. Nous en avons fréquenté d’autres aussi belles malgré leur taille moins impressionnante: Agia Roumelli (oued des Grecs), Agia Irini, gorges d’Aradena, gorges d’Anidri très « végétalisées ».

Ce fut un très beau périple très chaud où il valait mieux ne pas perdre son chapeau. Le climat fut plutôt sec, juste un orage en soirée mais pour le ressenti corporel ce fut plutôt humide. Heureusement les boutiques ont prévu de vous vendre de très beaux bobs blancs marqués du nom « Crête ».

Martine Chevalier

CLUB ALPIN FRANCAIS ANNONAY
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