Carnet de route

Tadjikistan et Ouzbékistan

Le 03/12/2019 par Jean Luc Chaléat et Guy Bouchet

Un voyage, deux pays, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, du 22 juin au 13 juillet

« Douchanbé », qui a déjà entendu le nom de cette ville de plus de deux millions d’habitants, capitale du TADJIKISTAN ? Le Tadjikistan (9 millions de citoyens) est au nord-est de l’Afghanistan, au sud du Kirghizstan, l’Ouzbékistan le borde à l’Ouest et la Chine à l’Est. Ce pays est très montagneux, la moitié de sa superficie est située au-dessus de 3000m. Autant dire que c’est une immense montagne, avec quelques vallées et un point culminant dans le Pamir : le Pic Ismaël Sâmâni à 7495m, ex Pic Lénine puis Pic du Communisme. Cette ancienne république soviétique a obtenu son indépendance en 1991 ; depuis cette date, le président Rahmon a été élu et réélu ! Le culte de la personnalité ne l’étouffe pas, ses portraits bienveillants trônent partout…. c’est manifestement le « Petit Père » de ce peuple. Nous avons fait un trek de 10 jours au nord de la capitale, autour du massif des Fansky, qui culmine à 5500 mètres. Huit randonneurs annonéens, huit mules, quatre muletiers, un cuisinier, un guide et un interprète… malheureusement ce dernier, très sympathique au demeurant, ne sera pas à la hauteur, et son français rudimentaire nous limitera dans la compréhension du pays et de ses habitants, aucun de nous ne parlant ni tadjik, ni russe !! Malgré ce désagrément (le seul) le trek fut un formidable séjour, avec des paysages époustouflants. Dans ce pays, il y a de l’eau partout… des ruisseaux près des glaciers, des rivières énormes dans les vallées et des lacs par centaines. Les sentiers empruntés sont souvent les itinéraires des troupeaux, car au-delà de 2500 mètres, c’est le domaine exclusif des bergers pendant quatre mois, avec leurs vaches et leurs chèvres dans des campements très rudimentaires, éloignés de tous contacts. Ces montagnes, c’est la Savoie au 18ème siècle ; aucune infrastructure, pas de routes, pas de pylônes, peu de touristes et souvent pas de chemins… et cadeau suprême, ni internet et ni téléphone! (pour combien de temps ??) Les habitants sont réservés mais très cordiaux. On se sent en grande sécurité, l’énervement et l’agressivité ne se rencontrent jamais, la mendicité est inexistante. On rencontre beaucoup d’enfants joueurs, rieurs, curieux, des femmes très belles aux vêtements colorés à dominante rouge, les hommes des montagnes au faciès de Massoud. La religion musulmane à 90% est très tolérante; d’ailleurs, l’une des priorités gouvernementales est de lutter contre l’intégrisme de leur voisin afghan.

Quelques souvenirs en vrac :

-Visite de Douchanbé où manifestement les touristes sont rares. -Montée raide au petit matin sur les sentiers des troupeaux avec, en toile de fond, les massifs glaciaires, en recherchant avec Guy « la voie normale » menant au sommet. -Accueil magnifique dans l’unique village traversé, où les gens étaient heureux de nous montrer leur habitat et mode de vie. -Rencontre d’un berger érudit qui nous cite Alexandre Dumas et Napoléon…

-Lieux de campements judicieusement choisis, paradisiaques, toujours près d’une rivière ou d’un lac. -Passage épique d’un col dans la neige, où il a fallu aider les mules qui s’enfonçaient jusqu’au poitrail, d’où l’expression « chargé comme une mule » ! -Soirée feu de camp où les muletiers se sont lâchés, avec complaintes tadjik sous les étoiles. -Craquement des séracs dans la nuit et éboulements tout près du campement. …. À chacun ses souvenirs, à chacun ses images ! Le Tadjikistan, où le tourisme n’en est qu’à ses balbutiements mérite le voyage, dépaysement, agrément et authenticité….

Après cette partie trek, notre équipe ouzbek nous « dépose » au poste frontière entre Tadjikistan et Ouzbékistan. Petit marathon avec les bagages entre les deux postes frontières, et après une multitude de contrôles de papiers et de bagages par les chiens renifleurs (mieux vaut ne pas transporter « de l’herbe »), nous trouvons notre nouvelle équipe ouzbèk et notre guide Mohamad, pour un transfert vers Samarkand, l’une des villes les plus anciennes de la planète ! Avec Boukhara et Khiva, villes chargées d’histoire de Gengis Khan à Tamerlan, nous allons suivre une partie de l’ancienne Route de la soie, à la découverte des mosquées, mausolées, médersas et autres édifices grandioses, recouverts de faïences colorées, et surmontés de superbes coupoles bleu turquoise. Au fil des siècles, de nombreux bâtiments furent détruits en partie, au cours des invasions successives arabes, russes ou mongoles. Beaucoup furent reconstruits à l’identique au cours du siècle dernier. Le pays profite de l’eau des deux principaux fleuves, l’Amou Daria et le Syr Daria, qui descendent des montagnes du Tadjikistan. Mais la mauvaise gestion de l’eau et la multiplication des plantations de coton empêchent leur écoulement jusqu’à la Mer d’Aral…. qui meurt lentement ! Une soi-disant « nouvelle politique » de l’eau essaye d’inverser la tendance, mais n’est-ce pas trop tard ? Notre découverte culturelle du pays va durer une semaine, avec des déplacements importants, heureusement dans des véhicules neufs … et climatisés ! En effet, les températures sont difficilement supportables à cette période ! Mais avec l’avantage de n’avoir que très peu de touristes et donc des visites beaucoup plus sympas. Et c’est par la visite de la capitale Tachkent, que nous terminons notre voyage dans ces deux pays où, malgré les idées reçues et les appréhensions, nous avons rarement ressenti une telle sérénité et reçu un accueil aussi chaleureux !

 

Jean-Luc Chaléat et Guy Bouchet

Photos : Guy Bouche







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