Carnet de route

Chemin de Stevenson

Le 03/12/2019 par Marie Do Dert

Sur le chemin de R-L. Stevenson, du 8 au 21 juin

Samedi, premier jour. Notre arrivée au Puy présente quelques difficultés pour trouver le parking de la Gare où laisser les voitures, malgré un guide qui « connaissait son affaire ». Cela a donné lieu à quelques remarques sympathiques et rigolades vite oubliées avec le beau temps et la mise en route.

Nous voilà partis sur le chemin de Stevenson, bien que sans ânesse.

Première étape : Le Monastier sur Gazeille au gîte de « l’Île au trésor ». Découverte du village, visite d’un ancien couvent, site archéologique en cours de découverte, d’une ancienne église.

Le lendemain dimanche, temps maussade au réveil. La balade commence sous la pluie, le vent et même la grêle. Du courage, on en a, mais c’est Claude notre brave organisateur qui peste déjà. Les bonnes paroles ne suffisent pas à le mettre de bonne humeur. La couleur sombre de la pouzzolane des carrières voisines et qui couvre le chemin ne contribue pas à rendre cette journée bien lumineuse. Une rencontre inattendue et sympathique avec deux confrères Cafistes d’Annonay. Arrivée au Bouchet St Nicolas. Accueil chaleureux à l’Auberge de Couvige, gîte confortable où les amateurs ont pu regarder la finale hommes de Roland Garros.

Le lundi, toujours temps gris et pluvieux. Passage à Pradelles, sa chapelle et son ancien hôpital routier qui devait héberger les pèlerins de passage. Puis arrivée à Langogne, gros bourg de 3200 âmes à vocation commerçante. Sa très belle halle romaine en témoigne. Nous y retrouvons nos deux Cafistes d’Annonay.

Nous nous trouvons dans le Haut Allier en Lozère sur une agglomération de dix communes en pleine nature, où le granit de la Margeride et le basalte sont prépondérants. Nous admirons ces paysages cévenols où les toits alternent lauze et ardoise.

Le lendemain mardi nous apercevons de loin le barrage et le lac de Naussac où le village du même nom est englouti et dont seule la tour du vieux Château a été démontée et remontée pierre par pierre. Le soir étape au Cheylard-L’Evêque.

Nous passons à Luc. C’est un petit village construit au pied des vestiges d’un château féodal du 12è siècle, autrefois relais sur le chemin de la Regordane, autre parcours de pèlerins se rendant à Saint Gilles du Gard.

Mercredi, étape au Gîte de l’Etoile, ancien « Grand Hôtel » à la Bastide Puylaurent. Nous sommes accueillis chaleureusement, repas excellent, et petit concert piano par notre hôte, devant une flambée dans la grande cheminée.

Jeudi matin, départ pour la Bastide Puylaurent. Parcours le long d’un chantier d’éoliennes. Pauvre Nature… ! Pique-nique très agréable au bord d’une petite rivière, trempage de pieds, détente et repos au soleil.

Vendredi, départ sous la pluie toute la matinée. Un petit détour par la source du Lot… sans grand intérêt…

L’accueil d’une sympathique Hollandaise le soir au gîte des Alpiers, son pâté de foies de volailles, sa cassolette de moules et son ragoût de veau ont bien vite effacé ce souvenir frileux.

 

Samedi, nous gravissons le Mont Lozère dont le célèbre point de vue à 360° nous est caché par un épais brouillard. Nous descendons sous une pluie battante où nous pataugeons une fois de plus dans nos chaussures.

La huitième étape à Pont de Montvert, beau village très agréable, notamment par les rivières qui le traversent, est en plus à marquer d’une croix pour Claude qui a beaucoup sympathisé avec la charmante Béatrice, hôtesse du gîte « le Chastel ». Une adresse à retenir donc…

 

Après un beau parcours le dimanche 16 juin, la descente vers Florac nous parait interminable et monotone. Cette neuvième étape nous fait découvrir une jolie petite ville tout en longueur traversée par le Tarn et le Tarnon. Le Centre d’Accueil Communal des Cévennes nous abrite ce soir - là. Grande cantine d’une quarantaine de personnes…

Le lendemain départ pour Cassagnas par la vallée de la rivière Nimente. Parcours sur une ancienne voie ferrée au - dessus des gorges de la rivière. Après une trempette dans la rivière, nous dînons et dormons au gîte « Espace Stevenson », une ancienne gare, très bien équipé où nous pouvons laver notre linge.

 

Nous aurons enfin, à partir de ce jour, un beau temps sur tout le reste du parcours.

 

Le mardi 18 juin, direction Pont de Burgen. Nous passons par St Germain de Calberte, haut lieu des luttes des Camisards et d’une période postérieure de prospérité grâce à la soie. Une curieuse cheminée double sur le toit de la Mairie attire notre regard. Une statue impressionnante d’un homme nu en plein effort marque la reconnaissance d’un artiste iranien pour cette localité travailleuse qui l’a accueilli pendant 14 ans. Dans une arrière - cour, je prends une photo d’une carcasse de camion insolite dont j’apprendrai plus tard qu’il s’agit des restes d’une Jeep russe.

À Pont de Burgen, très bon souvenir de l’accueil de celui qui nous a raconté comment il a racheté et retapé ce vieux bâtiment et ses difficultés liées à cette aventure. Très attaché à nous régaler d’un dîner de ses produits, comme ses glaces fraise et rhubarbe, précédées d’un excellent ragoût de sanglier.

 

Dernière étape : Saint Jean du Gard.

Certains ont choisi de retarder le départ en car pour Alès, pour visiter le Musée de la Maison Rouge inauguré il y a 2 ans. Causses et Cévennes sont en effet depuis 2011 inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. Exposition permanente sur l’Histoire et la Vie dans les Cévennes, la culture du ver à soie, le travail de la terre. Nous avons aussi pu visiter le Jardin Botanique voisin, en résonance avec les découvertes faites avec Jean.

Retour par le train jusqu’à Langogne, puis taxi jusqu’au Puy pour retrouver nos voitures.

Tout au long du parcours notre attention a été très souvent attirée par des lieux insolites : ruine d’une abbaye à Les Choisinets, en cours de restauration par une Association, ou comme ailleurs, une parodie de petite gare ferroviaire, décorée de sculptures en ferrailles récupérées, en forme de manifeste contre la fermeture des petites gares…

Dans certains petits villages que nous traversons, diverses Associations expriment fortement leurs convictions culturelles ou autres et leur désir d’interpeller les gens qui passent comme nous, soit par des panneaux, soit par des sculptures curieuses ou humoristiques.

 

Au gré des chemins et sentiers, nous avons côtoyé nos belles vaches d’Aubrac, de Montbéliard, les brebis noires du Velay… et les narcisses en fleur chers à notre Claude. Gentianes, tulipes sauvages, violettes de montagne, digitales… Jean notre botaniste nous comble de précisions qui enrichissent notre culture botanique.

Dans l’ensemble, des étapes relativement courtes nous ont permis de flâner en dehors du parcours principal. C’est ainsi que nous nous sommes arrêtés au Monastère de Notre Dame des Neiges, que nous avons pu découvrir la source du Lot ou faire le tour du village typique de Mirandol dont nous avons emprunté le viaduc ferroviaire à notre retour vers Langogne.

 

Merci à Claude de nous avoir offert cette belle randonnée, jalonnée de sympathiques rencontres.

Marie Do Dert

Photos : Jean Alligier







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