Carnet de route

Montagne de Lure

Le 02/12/2019 par Martine Chevalier

Le signal de Lure, toujours en vue mais pas conquis!

Pour la fin du mois d’avril, Marie - Christine nous avait proposé un séjour de 5 jours autour de la montagne de Lure, au pays du « Hussard sur le toit » de Jean Giono.

Le mercredi 24 avril de bon matin, ce sont trois voitures qui partirent ensemble de Tain l’Ermitage. Mais un temps exécrable, vent et trombes d’eau assorties de la foudre céleste, vint contrecarrer le désir de rester groupés. Ainsi, aveuglés par les gerbes d’eau soulevées par les camions, la deuxième voiture n’a pas vu la sortie de Montélimar et a même poursuivi jusqu’à Orange et la suivante a pris la sortie de Bollène. Enfin, tout le monde s’est retrouvé dans la vallée du Jabron en suivant des routes différentes. Comme nous n’avions pas semé les intempéries, nous avons rejoint le gîte pour déjeuner au sec. Au gîte de la Fenière, « Pauvre Raymond » et Denise nous ont accueillis avec la chaleur de leurs octante années bien sonnées.

Sisteron se trouvant à proximité, nous avons choisi d’en visiter les monuments remarquables. D’abord la cathédrale St Thyrse qui présente une abside romane de style provençal - lombard et un bel orgue Merklem surplombant l’entrée. À la suite, la Citadelle du XVIème domine la ville édifiée sur un promontoire rocheux calcaire. Le roi de Pologne Jean Casimir y a été enfermé quelques mois en 1639. Vauban y a un peu œuvré. En 1842, un escalier souterrain de 258 marches fut creusé pour atteindre le niveau de la rivière. Il est désormais fermé et le descendre revient à se « farcir » la remontée. L’église Notre Dame, bombardée en 1944, siège, reconstruite sur son promontoire. Des escargots géants à la coquille bicolore marron avaient conquis les murs et les troncs d’arbre car ils avaient bien compris que la sécheresse faisait une pause. Et il pleuvait encore. Pour clore cette journée de petite randonnée, nous avons dégusté du lièvre – Raymond est chasseur - avec des petits pois et un bon gâteau au chocolat.

Jeudi matin tout va bien, le fond de l’air est frais, on ne va pas suer. De plus le vent est resté vigilant. L’orage nocturne a recouvert les sommets de neige. Le circuit de 20 km va nous conduire sur les crêtes en passant par le Pas de Jean de Richaud, parcourant le mont de Lure et rejoignant le pas de Peipin (pas le bref !). Les iris nains violets, jaunes ou blancs tapissent les prairies sommitales. Les amélanchiers sont couverts de leurs fleurs blanches. Nous sommes bien contents d’arriver après 1230m de grimpettes. Au repas du soir nous attendaient du sanglier – de Raymond - façon « boeuf bourguignon » et les choux chantilly de Denise pour nous requinquer.

Vendredi, le fond de l’air est encore frais mais le soleil est revenu de ses vacances, Dieu seul sait où il était passé. Nous parcourons le tour du Sumiou. Sur un chemin carrossable, nous trouvons des grains de maïs (frais) et pourtant aucun champ cultivé à proximité. Bizarre : ces grains seraient - ils tombés de la dernière averse ? Nous lézardons au soleil lors du déjeuner et cherchons l’ombre de beaux buis en pleine croissance : des feuilles vert clair festonnent déjà les rameaux. Ceux-ci n’ont pas subi l’agression de la pyrale et ils ne sont pas rouges ou orangés comme ceux rencontrés la veille. Bilan : 14 km et 720 m de dénivelée. Nous changeons de gîte car nos hôtes précédents vont à un mariage et ne peuvent donc plus nous restaurer. Nous allons à St Vincent sur Jabron. Au gîte de la Ribière, c’est Isabelle qui nous accueille. Nous sommes de nouveau gâtés par la cuisine du terroir : par exemple le fromage de chèvre pané gratiné fondant et le gâteau bourguignon, oui c’est le nom donné par la maman de la cuisinière.

Samedi, le ciel est bien dégagé. Nous sommes tous ravis d’être dans cette vallée très calme ! Pourtant nous allons marcher sur la montagne de la Mare. Là-haut, la vue est dégagée à 360°. À l’est les Ecrins bien enneigés nous font de nouveau signe. Le vent est bien froid, il faut bien choisir le lieu de pique - nique et ce n’est pas facile de trouver l’endroit propice. Sur une prairie abritée, après le repas, un grand moment de silence s’abat sur le groupe et certains tombent dans les bras de

Morphée, grâce à la douce chaleur qu’aucun souffle glacial ne balaye. Plusieurs font des provisions de thym très odorant pour leur rôti ou leur tisane. Un brave chien border collie nous guide dans le labyrinthe minéral de mini - canyons. Il connaît bien le terrain et nous admettons qu’il connaît la bonne voie pour rejoindre le gîte tout en bas de la vallée. Il est le gardien du troupeau du centre de taïchi quand il en a envie ! Le lendemain matin, il sera devant le gîte, semblant nous attendre.

Belle balade de 21 km et 1100m de dénivelée. Une bonne daube agrémentée de pavés de polenta requinque la troupe. Petite soirée musicale au Papotin, café voisin du gîte, jazz d’influence brésilienne.

Dimanche, le tour est plus réduit afin de pouvoir reprendre le chemin de retour vers 14h30. L’atmosphère s’est encore refroidie. C’est le tour de la Montagne Saint Michel qui passe par le moulin d’Anne, puis le pas Parandier, plonge dans le ravin de Bracuen et remonte au collet de Cuniers. Une belle fleur vue avant midi : la dame de onze heures ou ornithogale. Le lieu de restauration est moins agréable : un chantier de débardage d’arbres avec ses ornières. En se dispersant un peu, chacun peut trouver une place au sec. C’est une petite sortie de 18,5km et 650m de dénivelée. Comme à l’aller, le retour se fait comme chaque conducteur et ses coéquipiers le sentent ! Pourquoi ne pas revenir en 2020 dans cette vallée qui ne nous a pas livré toutes ses merveilles ?

Martine Chevalier







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