Carnet de route

Bénin

Le 29/04/2019 par Massart Yves

Voyage au pays des tatas somba – Bénin

Nous sortons de l’avion et là l’air de Cotonou nous surprend immédiatement. La respiration doit changer de rythme ; l’air chaud et très humide nous envahit. Quelques instants suffiront pour nous reprendre. Amédée, notre guide, et Blaise, notre chauffeur, nous attendent pour nous mener au siège d’Eco-Bénin où nous passerons la première nuit. A Camaté nous suivons notre première initiation aux rites vaudous et aux divinités qui l’accompagnent. Le musée de Koussoucoingou nous fait découvrir l’architecture coloniale ainsi que la manière dont cette période a été vécue par les habitants. seau d’eau du puits nous permet de se rincer (ne parlons pas de douche). Au cours de notre périple, nous avons eu la chance de passer par des villages organisant des fêtes traditionnelles très gaies … autant que sérieuses – funérailles, fête d’initiation des jeunes adultes, fête de protection du village … Une nuit en ville nous permet d’effacer le manque de douche depuis trois jours dans la poussière et nous nous préparons pour entrer dans le parc national de la Pendjari. Ce parc est totalement préservé et très surveillé. Il sert de réserve pour la flore mais également pour la faune. baigner !!! Il ne faut pas oublier de dire que nous rions beaucoup … et c’est peu dire ! Nous avons fait et raconté de nombreuses blagues à travers le pays. Certains s’en souviendront et les ont déjà refaites à d’autres ! Avant d’entamer la descente vers le centre du pays, nous visitons sur une colline le village de Taneka dont les habitants vivent toujours comme autrefois et ont conservé toutes les traditions ancestrales. Le roi de ce peuple nous fait l’honneur d’une audience où nous pouvons lui poser des questions par l’intermédiaire d’un tiers car l’on ne s’adresse pas directement au roi. De toute manière il ne comprend pas le français … Nous poursuivons notre descente vers Abomey où chaque roi construit son palais à côté de ceux de ses prédécesseurs. Seuls quelques-uns sont encore debout. A Possotomé, un tailleur vient Dès le lendemain nous nous immergeons dans le marché de Cotonou. C’est le souk d’Istanbul ou de Marrakech façon africaine. L’ambiance y est décontractée. Le jour suivant, découverte des routes (ou pistes ?) béninoises bouillantes de motos et de véhicules de toutes sortes. Nous montons vers le nord du pays et nous arrêtons dans un centre de santé où nous laissons une partie de notre chargement de produits médicaux et de vêtements apportés de France. Puis arrive le moment attendu de l’immersion dans le fin fond de la brousse et des tatas somba, habitations protégées où vivent une famille entière. Notre imprégnation est allée jusqu’à manger de l’agouti (très bon), sorte d’animal proche du ragondin. Nous dormirons plusieurs nuits en hôtel « mille étoiles », celles du ciel magnifique. Le repas, le couchage, tout se passe au même endroit à même le sol sur la terre. Parfois un petit Nous approchons quelque peu des éléphants, crocodiles, gazelles, buffles, phacochères, cobs, babouins, hippopotames … Nous nous levons très tôt pour tenter (et réussir) de voir les lions que nous avons entendus rugir dans la nuit. D’autres bêtes, beaucoup plus petites ne nous oublient pas. Certain(e)s se sont entichés des moustiques qui laissent de bien vilaines traces. Nos randonnées dans le nord, nous font découvrir de magnifiques bassins d’eau alimentés par des cascades. Et là, c’est super de se prendre nos mesures et l’association Eco-Bénin nous offre à chacun un vêtement traditionnel béninois. Nous avons l’occasion d’assister à un sacrifice vaudou. Il s’agissait d’une chevrette et de volailles. Après des incantations, le prêtre les égorge, verse le sang sur un autel ressemblant à une termitière et les jette par terre. La manière dont ils tombent indique si l’oracle se réalisera ou non. Possotomè se trouve au bord d’un immense lac de 35 km de long alimenté à la fois par deux fleuves d’un côté par la mer de l’autre, sur lequel nous partons en pirogue pour apprendre à pêcher à l’épervier, petit filet demandant une bonne technique pour être efficace. Bien sûr, nous revenons bredouilles ! Le propriétaire du restaurant local, Préfet, nous explique, lors d’une déambulation, les effets bénéfiques pour l’organisme qu’apportent les simples plantes qui nous entourent ; tels le datrier, le miman, le jonc, la sensivière et bien d’autres encore. Le soir, les jeunes du village organisent pour notre venue une soirée autour du feu où nous nous déchainons avec les danses africaines. Dans tous les villages les gens sont heureux de nous voir et aiment se faire prendre en photo. Les enfants grouillent autour de nous et nous jouons beaucoup avec eux. La chaleur est forte et la soif toujours présente. C’est donc la Béninoise qui nous désaltère (une bière bien sûr !). La plupart de nos repas se terminent par des dégustations d’ananas pain de sucre et de mangues. Nous goûtons également aux noix de coco fraiches qui n’ont pas du tout la même texture que celles que nous connaissons une fois sèches. A Kpetou, la forêt héberge les singes mona, espèce protégée car en voie de disparition. Nous en apercevons dans les arbres. Ils bougent et bondissent très rapidement. Pour parfaire notre éducation à la vie béninoise, nous nous initions au tissage des nattes pour le sol. Elles sont réalisées en joncs séchés. Dernière nuit dehors à la belle étoile. Demain, nous partons pour Porto-Novo où nous visiterons le Centre Songhaï. Ce centre étalé sur 20 ha comprend un centre de formation, de la permaculture, de la pisciculture, de l’élevage et toute la transformation de produits alimentaires correspondants. Et tout cela en ne produisant aucun déchet. Les végétaux sont compostés, d’autres produits sont recyclés et ce qui ne peut l’être est brulé de manière à récupérer le gaz pour la cuisine. Les métaux servent à fabriquer les machines nécessaires au fonctionnement de toute l’entreprise et à les réparer. Une belle leçon à retenir ! Avant de quitter le Bénin, nous prenons la route des esclaves qui les menait jusqu’au bord de la mer où les attendaient les bateaux. A ce point, la porte du non-retour a été érigée. Tout au long de ce chemin de 4 km, des stèles et monuments rappellent ce qu’ils enduraient avant d’être embarqués. Moment éprouvant et de réflexion ! Départ pour Avlo, au bord de la mer. En cours de route, nous allons planter des palétuviers dans la mangrove qui a perdu de la surface et nécessite une reforestation. Nous compensons en même temps un peu de notre émission carbone. Amédée, notre guide, nous prévoit une halte dans un centre d’écloserie de tortues marines. Ici, le but est de les protéger et de les remettre à l’eau lorsque leur maturité le permet. Nous procédons à la mise à la mer de cinq tortues. Précédemment, une tortue mise à la mer par ce centre a été retrouvée deux années plus tard sur les rivages de l’Uruguay. Belle victoire pour lui, qui vit de peu de moyens ! Nous rejoignons ensuite Granvié, cité lacustre, totalement à l’écart de tout. Toutes les maisons sont construites sur pilotis et les rues sont l’eau. Seules les pirogues permettent de se déplacer. Retour au bord de la mer pour se baigner dans les rouleaux charriant de gros grains de sable ; action gommage de la peau efficace ! Et comme pour tout voyage arrive le temps des séparations. Un dernier repas avec Amédée et Blaise pendant lequel nous rions encore bien pour nos derniers instants. Et ils nous accompagnent jusqu’à l’aéroport pour des adieux écourtés car très prenants. La découverte de ce pays accueillant et chaleureux, de sa culture, de ses coutumes et croyances a été forte. Nous avons réussi notre immersion dans les coins les plus reculés de la brousse et de la savane. Un grand merci à tout le groupe (Simone, Colette, Anne-Marie, Joëlle, Alain et les deux Yves) qui a été très soudé et très sympa ! Bien entendu toutes les âneries faites et dites tout au long de ses trois semaines passées ensemble ne seront pas trahies. Certaines ne peuvent même pas être répétées.

L’équipe des béninois.







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